Soutenance Thèse Judith PIGNEUR

 

 

 

La soutenance de doctorat de Madame Judith PIGNEUR en génie industriel préparée à CentraleSupélec au sein de l’école doctorale Interfaces : approches interdisciplinaires, fondements, applications et innovation porte sur le sujet :

« Mise au point d’une méthode intégrée d’analyse des impacts des filières de matières premières minérales »

L’épuisement des ressources métalliques à travers le prisme de la soutenabilité forte : apport de la théorie des coûts sociaux et étude du cas du néodyme de son extraction en Chine à la fabrication des aimants Nd-Fe-B

 

Date de soutenance : JEUDI 19 DECEMBRE 2019 à 14h30 à CentraleSupélec, Bâtiment Bouygues, sd.206 Rue Joliot Curie, 91190 Gif-sur-Yvette

Pour s’y rendre si vous n’êtes pas véhiculés, le mieux est de prendre le RER depuis Paris jusqu’à Massy-Palaiseau puis un bus (compter 30 minutes de bus) :

Bus Express 91.10 et Bus Express 91.06 B et C – descendre à Moulon

PLAN POUR ALLER dans le bâtiment Bouygues depuis l’arrêt de bus : https://www.centralesupelec.fr/sites/default/files/acces-campus-gif.pdf

Résumé :
Le sujet de la thèse est la mise au point d’une méthode intégrée d’analyse des coûts sociaux et environnementaux de l’épuisement dans les filières exploitant des métaux. La thèse qui est défendue est que l’épuisement des ressources métalliques, au-delà de la question des limites économiques de l’exploitation, est un démultiplicateur des coûts sociaux et environnementaux générés par nos modes de production et de consommation actuels. La thèse a été réalisée dans le cadre du projet de recherche du Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (le Basic) portant sur la mise au point d’indicateurs de soutenabilité. La thèse se situe dans une approche transdisciplinaire, croisant une approche issue des sciences de gestion, soit l’analyse des chaînes globales de valeurs (CGV), mobilisée pour comprendre l’influence de l’organisation des filières mondialisées dans les impacts sociaux et environnementaux, et une approche issue des sciences économiques, celle des coûts sociaux, telle que développée par Karl William Kapp, qui s’intéresse aux coûts liés aux dommages sociaux et environnementaux inhérents à notre système économique. La thèse vise à contribuer à la fois au renforcement du cadre méthodologique des coûts sociétaux développé par le Basic, mais aussi à la recherche émergente sur la prise en compte de l’épuisement dans la mise au point d’indicateurs de soutenabilité.
La recherche vise à explorer les liens entre épuisement, augmentation des coûts sociaux et environnementaux de l’exploitation, et influence des filières mondialisées sur ces coûts. Cette problématique générale se décline en deux parties. Une première partie théorique, composée du chapitre 1 et 2, contribue à définir l’épuisement des métaux dans une perspective de soutenabilité forte et à formaliser un cadre d’évaluation des coûts sociaux cohérent avec cette définition. Dans le chapitre 1 l’épuisement est redéfini comme deux phénomènes conjoints, continus et irréversibles : perte de quantité (perte de matière tout au long de la filière) et de qualité (diminution des teneurs du gisement et difficultés du recyclage) de la ressource d’une part ; et comme un démultiplicateur d’impacts environnementaux, sanitaires et sociaux des filières exploitant des métaux d’autre part. Le chapitre 2 propose un nouveau cadre de prise en compte de l’épuisement et de ses coûts sociaux, faisant le lien entre les travaux de l’économie écologique et de l’économie institutionnelle sur la base des travaux de Karl William Kapp.
Cette méthodologie développe une approche tournée vers l’études des causes des coûts sociaux et des leviers pour diminuer ces coûts. Une deuxième partie empirique applique le cadre d’évaluation au cas d’étude de la chaîne du néodyme utilisé dans les aimants Nd-Fe-B. Cette étude de cas montre que, bien que l’épuisement des réserves de terres rares ne soit pas perçu comme un danger imminent, les coûts sociaux de l’épuisement sont déjà importants et que des actions pourraient être mise en œuvre pour diminuer ces coûts. Cette étude de cas permet de démontrer la pertinence d’un point de vue social et écologique de l’analyse de l’épuisement par les coûts sociaux.