Taux d’actualisation social

Il faut faire appel à Frank Ramsey en 1928 pour comprendre et mettre en équation cette notion qui prend en compte trois paramètres :

1) le taux de préférence pour le présent (p),

2) la valeur absolue de l’élasticité de l’utilité marginale de la consommation (e) et enfin,

3) le taux de croissance par individu du revenu annuel moyen pour la période future considérée (g).

L’équation s’exprime de la façon suivante : r = p + (e x g)

Ce taux repose évidemment sur des choix éthiques plus que sur des paramètres techniques. Il modélise l’agrégation actualisée des préférences individuelles à chaque période considérée et met en balance le bien-être de différentes générations dont on déduit les choix de la génération présente.

Ainsi, cette démarche s’illustre bien dans les modèles du changement climatique.

Le rapport STERN de 2007 cherchant à déterminer le coût de l’inaction comparé à celui de l’action a utilisé un taux d’actualisation social de 1,4% calculé de la façon suivante : 0,1 + (1 x 1,3) = 1,4
Ce choix paramétrique (le taux retenu étant relativement faible par rapport aux études précédentes, le coût total dépasse nettement les 1% du PIB)
a contribué à la conclusion que le coût de l’inaction était de quatre fois supérieur au coût de l’action.

En revanche, celui retenu par Nordhaus se monte à 3 + 1 x 1,5 = 4,5. La différence est considérable.
Nordhaus arrive en effet à un prix dix fois plus bas que Stern.

Dasgupta estime l’écart entre ces deux auteurs comme plus important.
Leur désaccord concerne l’équité intergénérationnelle.

 

Pour aller plus loin :

Benhaim Jacques : Choix du taux d’actualisation social et environnement. In: Revue française d’économie. Volume 8 N°3, 1993. pp. 111-147.

Lebègue Daniel : Révision du taux d’actualisation des investissements publics – dit « Rapport Lebègue «  Commissariat Général du Plan,Janvier 2005, 112 p.