Courbe environnementale de Kuznets

L’enrichissement des populations dans les pays développés s’accompagné généralement d’une demande d’un environnement plus sain. (Renforcement des normes pour une amélioration de la qualité de l’environnement dans certains domaines).
Ce constat a conduit à formuler l’hypothèse suivante : la croissance serait nocive pour l’environnement dans les premiers stades du développement ; puis, au-delà d’un certain seuil de revenu par habitant, la croissance entraînerait une amélioration de la qualité de l’environnement.

Kuznets

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Simon Kuznets en 1955, avait envisagé une corrélation entre la réduction des inégalités de revenu et le niveau du PIB/habitant, selon une même forme de courbe en U inversé. Cela explique l’emploi fréquent dans la littérature économique de l’expression « courbe environnementale de Kuznets ». Cette affirmation repose sur l’idée que l’environnement serait un « bien supérieur », c’est-à-dire un bien dont la demande augmente avec le revenu (à l’instar de la santé ou des loisirs).

Si la dégradation de l’environnement finit par entraver la production, alors la demande de politique environnementale n’émanerait plus seulement des citoyens, mais aussi des entreprises… La Chine en est un exemple.

Mais globalement, cette théorie ne fonctionne plus, et sur ce point le constat du rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (2016) est alarmant et bouleverse notre perception des enjeux.
Depuis 1990, il n’y a eu que peu d’amélioration de l’efficacité mondiale des matières premières. En fait, l’efficacité matière a commencé à décliner
dans les années 2000. L’économie mondiale a désormais besoin de plus de matières premières par unité de PIB qu’il n’en fallait au tournant du siècle, en raison du déplacement de la production des pays aux économies de matériaux efficaces comme le Japon, la Corée du Sud et l’Europe, vers des pays aux économies de matériaux beaucoup moins efficaces comme la Chine, l’Inde ou encore l’Asie du Sud-Est. En clair, le découplage relatif entre croissance du PIB et consommation de ressources tant espéré, s’est globalement inversé dans le mauvais sens depuis les années 2000.