Quels instruments pour transformer nos activités économiques ?

Quels instruments pour transformer nos activités économiques ?

Le débat des 30 dernières années a opposé Economie de l’Environnement et Economie Écologique. Ces mises au point ont été nécessaires pour redonner sens à des démarches qui pouvaient conduire à des résultats opposés aux attentes :  encourager directement ou indirectement la marchandisation des biens communs et vitaux de l’humanité, considérer l’économie comme une fin en soi voire favoriser des activités spéculatives, mettre en équation les processus de décision et par-là même de développer de nouvelles technocraties vertes…

On discerne en effet deux courants distincts :

 

l’Économie de l’Environnement (1):

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« Soumettre l’Environnement aux règles de l’Economie … »

Ce concept réducteur de durabilité faible est issu d’une vison anthropocentrique excessive.

Sa mise en application fait appel aux « market based instruments », efficaces , souvent redoutables aux effets parfois destructeurs donc controversés : compensation carbone, PSE, etc.

 

 

 

l’Économie Écologique (2):

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« Transformer nos activités économiques pour les rendre plus soutenables »,
révolutionner l’économie, en introduisant la pensée écosystémique en son cœur.

Privilégier les mesures physiques aux mesures monétaires.
Basée sur des analyses multicritères des projets environnementaux elle ne se contente pas de la seule analyse coût-bénéfice.
L’usage de plusieurs critères conduit à être attentif aux conflits de valeurs. « La nature révèle les tensions qui traversent le corps social. »

Cette approche, renouvelle l’analyse économique de la Nature, sans pour autant faire évoluer significativement l’approche néo-classique de l’économie …

Une vision intéressante mais, osons le dire, peu « efficace » !
L’idée chemine doucement mais pendant ce temps, le « waiting game » domine l’économie.

 

Une Proposition alternative pourrait émerger :

Les  Smart Tuning Instruments

 

En tirant les leçons des limites de ces deux précédents concepts, on peut imaginer une troisième voie.

  • Partir d’une analyse biophysique des flux et des effets conséquentiels des activités économiques (effets de seuils, résilience des systèmes, interactions sociétales)
  • Considérer l’économie comme système d’information dominant des flux anthropiques (on peut le regretter mais c’est un fait avéré).
    On ne peut donc pas faire l’économie d’intervenir profondément sur les règles économiques, mais avec certaines précautions !
  • Concevoir des interventions « discrètes » car le système économique s’oppose par principe à toute perte de souveraineté ou toute remise en cause de ses règles « d’optimum » !
    (Prioriser le rendement social par rapport au rendement privé par exemple)
  • Pour être efficace (tout en restant discrets) ces instruments doivent être fortement rétroactifs !
  • Pour être capable de transformer les comportements et les décisions ils doivent développer un fort effet de levier ;
  • Agir soit en « Endpoint » pour faire basculer les modes de consommation,
    soit en  « Startpoint » pour lever des ressources optimales …
    (Toute intervention « Midpoint » conduit à des effets limités aux conséquences marginales bien connues : certaines taxes pigouviennes en sont l’illustration.)

La TVA Circulaire (Endpoint / rupture des modes de consommation)
et le Droit d’Accise Universel sur les énergies fossiles (Startpoint / rupture des décisions d’investissement et des modes de Production)
constituent deux illustrations de ces « Smart Tuning Instruments ».

Ces instruments « discrets » (comme les moins discrets aussi) sont des outils imparfaits par nature.
Après introduction, ils doivent être revus, corrigés et réimplantés de façon itérative :

Routine

 Pour aller plus loin ou voir les définitions : ACV, MFA, EIE, EIS, TVAC, CCV, Monnaies Complémentaires,

Instruments de l’Economie inclusive, symbiotique, …
si le nom reste à trouver, leur bon usage ne doit plus attendre !


Notes :

1 : Environmental economics, Pearce 1987

2 : Ecological economics, Costanza 1991 Ecological Economics: The Science and Management of Sustainability, Daly 1995, 2004, Folke et al. 1994 – 2000

Les deux notions se sont parfois confondues. Ex : Costanza et al. 1997  The value of the world’s ecosystem services and natural capital

Voir aussi les articles suivants :

Un commentaire

  1. Voir aussi :
    La monétarisation de l’environnement face à l’idéal démocratique
    http://www.fondation-2019.fr/ged/public/resources/view/9202

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