La transition écologique de l’économie nécessite … une transformation de l’économie !

La transition écologique de l’économie nécessite … une transformation de l’économie !

La transition écologique de l’économie, comme toute transition de l’économie, ne pourra se faire sans modifier un certain nombre de règles économiques.

Les deux disjonctions économiques fondamentales qui bloquent toute transition pérenne portent à la fois sur les flux
(externalités sur les transactions)
et sur les stocks
(non prise en compte des actifs environnementaux et sociaux).

 

Les Flux

La première de ces disjonctions revient à légitimer les ventes à pertes puisque le prix de vente final des produits et services est systématiquement inférieur aux coûts de productions, externalités comprises. (Rappelons qu’une vente à perte constitue un délit car illicite et faussant les règles de libre concurrence)

Fourmis-gAujourd’hui, les quelques offres de produits et services responsables (souvent plus chères en apparence que le prix de marché) qui ont réussi à émerger souffrent d’une situation de concurrence déloyale (face aux offres à fortes externalités) empêchent tout développement au-delà de quelques marchés « niche ».

Ces flux d’externalités négatives se reportent sur les collectivités sous forme de préjudices subis (Santé, Pollution, mal-être, …)

 

Les Stocks

Capital-gLa deuxième de ces disjonctions revient à négliger systématiquement sur le long terme le développement voire la simple conservation du capital environnemental et social. Notons que l’objectif de conservation du capital technique (ou actifs) constitue un des fondements de la comptabilité moderne en coûts historiques … Elle a été introduite vers la fin du 19eme siècle !

C’est aujourd’hui principalement les collectivités (territoriales et nationales) qui tentent sans pouvoir y arriver de compenser ces pertes par une charge  «d’amortissement » externe continue.  (A-mort-issement au sens d’éviter la disparition)

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Le Résultat

On comprend comment la combinaison de ces deux disjonctions ne permet pas d’associer développement économique et progrès social et environnemental, et pourquoi les dépenses publiques ne cesseront de croître avec un tel modèle.

Les Solutions

A partir de ce constat partagé par quasiment tous les économistes (et pas seulement les économistes de l’environnement), des interventions précises et multiples peuvent être introduites progressivement dans l’économie sans devoir remettre en cause l’ensemble du système.

 

On citera pour exemples :

La Fiscalité indirecte (modulée en fonction du niveau d’externalités) sur les transactions de biens et de services (Ex : TVA Circulaire)
L’adaptation de la Comptabilité des Organismes (Comptabilités étendues, nouveaux indicateurs de richesse)
La Modification des Règles de Financement des Projets (RSI étendus)

 

Notons que les dispositifs anciens telles les taxes dites « pigouviennes » ou les contributions dites « coasiennes » appliquées sur les étapes intermédiaires des processus de production-distribution depuis plus de 30 ans n’ont pas permis d’introduire les ruptures attendues. Si elles ont souvent limité les dommages des activités, elles ont parfois renforcé les trajectoires technologiques et commerciales existantes et délocalisé certaines activités  …

Un commentaire

  1. Un baril de pétrole génère 400kg de CO2. A un prix du carbone de 80€/t de CO2 le prix de transaction de ce baril passerait seulement de 60€ à 92€. A 80€/t de CO2, la transition bas carbone peut démarrer immédiatement…

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