La Planète s’en … , pas nous !

La Planète s’en … , pas nous !

La Biodiversité,
c’est juste pour la télé ?

Si la biodiversité continue d’être malmenée comme aujourd’hui, l’humanité aura perdu sa biocapacité à se nourrir, habiter, vivre, respirer, se soigner, se ressourcer, etc.
L’humanité n’aura même plus les moyens financiers pour payer sa restauration.

 

Alors chassons l’idée que biodiversité rime seulement avec belles images à la télé !

Car on a envie de dire, quand on est en colère : « après tout, la planète s’en fout ! »

La vie est née dans des conditions particulièrement extrêmes :
absence d’oxygène, températures caniculaires, sous fortes concentrations d’acide sulfurique et de CO2 !

Mais pas nous les humains !

La nature a survécu aux cinq extinctions majeures, sauf les grands vertébrés.
Nous les humains, pourrions nous résister à une possible sixième extinction ?

En attendant, les cafards s’en tapent, les micro-organismes n’attendent que ça !

Alors, a quoi ressemble donc cette fameuse Biocapacité ?

Approvisionnement :
Prenons le cas des médicaments pour le traitement des cancers
(13% de la mortalité globale selon l’OMS) :

Ces 25 dernières années, la moitié des nouvelles molécules mises sur le marché ont été d’origine naturelle, dont 34% issues des plantes.

Les recherches à partir des ressources naturelles ont dépassé celles issues de la chimie traditionnelle…

68% des antibiotiques sont issus de la production de micro-organismes.

Le taux de service de la biodiversité à la santé publique est supérieur à 20 Milliards de dollars. Il est en croissance de 7% par an.

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Régulation :
En débordant en 1998, le Yang Tsé Kiang a « tout juste » recouvert une superficie égale à la France. Quelques siècles de déboisement intensif des bassins versants en sont la cause. Quel est le coût de ce sinistre ?

 

 

 

 

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Soutien :
80% des plantes à fleur sont pollinisées par les insectes (majoritairement les abeilles, très menacées aujourd’hui). En 2008, la baisse des rendements de production des amandes de Californie (80% de la production mondiale) a provoqué une flambée des prix du nougat de Montélimar ! Cause première : un défaut de pollinisation.

Les exploitants louent de plus en plus cher les ruches des apiculteurs, qui n’ont même plus besoin de vendre leur miel ! Malgré un tarif multiplié par 3 en quelques années, la demande dépasse l’offre.
Autre conséquence : la production de concombres aux Etats-Unis a chuté de 50%.

Pour pollinniser, l’hélicoptère est encore plus cher, et en prime, ca ne marche pas !
Que dire de l’exemple des paysans chinois qui pollinisent les poiriers à l’aide d’une plume de poulet…

L’enjeu mondial des pollinisateurs est estimé à plus de 150 Milliards d’euros soit 10% de la valeur de la production alimentaire mondiale (Le Monde, 20/9/2008).

Fertilisation des sols :

Les vers de terre représentent la plus forte biomasse animale !
Le leur travail est décisif pour la fertilité des sols.
L’emploi excessif d’intrants et de traitements chimiques les réduits à néant.
La productivité des sols peut ainsi être divisée par 3 !

La contribution des vers de terre a été évaluée à 25 Milliards par an au niveau mondial.

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Connaissance et Culture :
Quel sera l’impact de la propagation des algues vertes sur le tourisme côtier en Bretagne, cet été ?Quel est le montant du préjudice d’image pour la filière agroalimentaire locale ? En revanche, le seul Parc National de Masoala, trésor de biodiversité à Madagascar, est le berceau d’une activité touristique, produisant un chiffre d’affaire annuel de 4 millions d’euros.

 

 

 

Enfin, combien d’innovations ont été déclenchées par l’observation de la nature ces dernières décennies ?

Biomimétisme dans la conception d’objets courants comme le Velcro®,
dans les hautes technologies : antennes déployable de satellites,
dans l’architecture

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Ainsi, les services rendus par la biodiversité sont bien réels !
Résumons :
Les services d’approvisionnement sont :
Les produits que procurent les écosystèmes, tels que les ressources génétiques, la nourriture et la fibre, ainsi que l’eau douce.

Les services de régulation sont :
Les bienfaits qui découlent de la régulation des processus liés aux écosystèmes, tels que la régulation du climat, de l’eau et de certaines maladies humaines.

Les services de soutien sont :
Les services nécessaires à la production de tous les autres services fournis par les écosystèmes. Ils comprennent la production de biomasse, la production d’oxygène atmosphérique, la formation et la rétention des sols, le cycle des éléments nutritifs, le cycle de l’eau et l’offre d’habitats.

Les services culturels sont :
Les bienfaits non matériels que procurent les écosystèmes à travers l’innovation, l’enrichissement spirituel, le développement cognitif, la réflexion, les loisirs et l’expérience esthétique, tels que les systèmes de savoir, les relations sociales et les valeurs esthétiques.

Tous les détails :
http://www.greenfacts.org/fr/glossaire/pqrs/services-ecosystemes.htm

Ces services peuvent procurer des opportunités majeures pour les activités industrielles et commerciales, voire menacer dangereusement leurs activités.
L’évaluation des services rendus aux entreprises par les écosystèmes est aujourd’hui possible grâce à l’ESR.

Ainsi, les services rendus par la biodiversité sont bien chiffrables !

Robert Costanza l’avait estimé « seulement » à 33 000 Milliards de dollars par an … en 1997, c’est tout de même à un niveau d’échelle comparable au PIB des pays de la communauté économique !
(Robert Costanza et al., « The Value of the world’s ecosystem services and natural capital » Nature, n° 387, p 253-260, 1997.)

Un nouveau chiffrage sera établit dans le prochain rapport mondial commandité par l’ONU qui aurait du tomber en 2010.

Compte tenu des enjeux stratégiques majeurs de la biodiversité, on peut ce demander pourquoi ce capital échappe encore quasiment à tous les systèmes comptables et fiscaux des secteurs économiques majeurs.

Nous aurons l’occasion d’y revenir.

La majorité des informations de cette publication est issue du tout dernier livre de Jean-Marie Pelt : Les dons précieux de la nature Fayard, janvier 2010.

A lire aussi absolument :
Humanité et biodiversité, Manifeste pour une nouvelle alliance Descartes & Cie 2009

A consulter :
http://www.cbd.int/

A télécharger :
 les_francais_et_la_biodiversite_2010
Quels scénarios réalistes pour préserver la biodiversité d’ici à 2030
La biodiversité à travers des exemples : services compris 26 mars 2012

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