Du Gaz dans l’Eau

Du Gaz dans l’Eau

 

Peut on envisager de chauffer la collectivité ou de faire rouler les bus en … tirant la chasse d’eau?

 

C’est le défit que semble s’être lancée une station de traitement des eaux en France !

 
 
Le traitement biologique des eaux usées par la méthode classique comporte des imperfections :
 
– Gène du voisinage à cause des odeurs
– Production de boues d’épuration dont l’usage comme amendement des sols n’est pas toujours sans risque
– Emanations de méthane dans l’air, un puissant gaz à effet de serre
– Consommation d’énergie

 

L’Usine d’Epuration Seine-Amont (SIAAP) a pris une initiative particulièrement intéressante :

Le recouvrement des bassins par des structures métalo-textile légères et étanches, afin de capter les émanations, et la mise en oeuvre d’une unité de méthanisation des boues.
Cette amélioration permet ainsi de capter une quantité importante de méthane, et de réduire la production des boues.

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Extrait de l’Article paru dans Energie Plus n° 213 du 15 octobre 1998 :

http://www.energie-plus.com/news/fullstory.php/aid/96/Biogaz_:_VALORISATION_DES_BOUES_DE_STEP_.html

Attention, ces informations datent de 10 ans :

L’usine d’épuration Seine Amont de Valenton a été mise en service en 1987.
Le SIAAP en assure la gestion. La valorisation des boues grâce au biogaz
compte parmi ses préoccupations.
La digestion des boues de la station d’épuration s’accompagne d’un
dégagement d’un biogaz composé de 65% de CH4, de 33% de C02 et de 2%
d’H2S. Le PCI de ce biogaz est de 5 à 6 kWh.m-3. Les 38500 Nm3 (21 tonnes
équivalent pétrole) produits quotidiennement à Valenton sont valorisés sur
place comme source d’énergie pour les besoins internes de la station.

La valorisation peut prendre plusieurs formes (après compression) :

– THERMIQUE d’abord car le biogaz alimente, à raison de 10500 m3 par jour,
une chaudière qui permet le chauffage des quatre digesteurs primaires, du
digesteur secondaire et des locaux. La digestion des boues nécessite en
effet une température de 35°C. Par ailleurs, une partie des boues
produites étant incinérée sur place, le four à lit fluidisé de la station
a été équipé d’un brûleur au biogaz. Cette valorisation est utilisée
notamment lorsque la qualité des boues séchées ne permet pas leur
auto-combustion.

– ELECTRIQUE ensuite pour un tiers de la production ; le biogaz alimente
deux moteurs diesel/gaz qui fournissent plus de 30000 kWh par jour
d’octobre à mars pour effacer les pointes de consommation EDF. Le biogaz
fournit alors 32% des besoins en électricité et représente 40% de la
facture énergétique.

ELEMENTS ECONOMIQUES Valorisation thermique :
Coût d’investissement :3,6 MF
Coût de maintenance :250kF par an
Production de chaleur :3300 tep par an
Economies sur la consommation de fioul :2112 kF par an environ
Temps de retour : 2 ans
Valorisation énergétique : Coût d’investissement : 15 MF
Coût de maintenance : 1 044 kF par an
Production d’électricité : 4750 MWh par an
Economies sur la facture EDF : 3216 kF par an
Temps de retour : environ 7 ans
Source : Etude réalisée par l’ATEE, l’ADEME et le SIAAP en 1998

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Autre information plus récente :

Voir Fichier joint  : Seine_amont qui date de 2002.
Source : http://j.bonneau.free.fr/Seine_amont.pdf

Valenton 

Les avantages de cette solution, sous réserve des informations précédentes sont :

– Réductions des émissions de gaz à effet de serre, des odeurs, et de la production des boues
– Passage à une station de traitement à énergie positive capable d’alimenter en énergie la collectivité : chauffage, transport, etc ..
– Possibilité d’améliorer des installations existantes sans devoir les détruire, donc avec un coût d’investissement réduit.

Cette réalisation fait penser à un forme particulière de Symbiose Industrielle (Voir Blog à ce sujet)

Limites de la solution :

Il existe notamment aux Etats Unis, des stations de méthanisation des eaux usées qui permettent d’obtenir à priori de meilleurs rendements, mais ces techniques ne peuvent concerner que de nouvelles installations.

Il serait intéressant de croiser cette expérience avec celle de la ville de Stockholm et d’autres encore.

Certes, cette solution d’amélioration du rendement d’un traitement « end of pipe » ne doit pas faire oublier l’intérêt de repenser l’usage de l’eau, notamment dans certains usages sanitaires, car des solutions sans eau existent.

Autres informations sur :

http://www.waternunc.com/fr2004/Valenton_siaap04_2004.htm

http://www1.montpellier.inra.fr/narbonne/francais/objetsthematiques/ot-da/ot-da-12-boues.html

http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0405/beiere/4/html/binome3/index3.htm

http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0405/beiere/4/html/binome3/boue_met.htm

http://www.dictionnaire-environnement.com/methanisation_des_boues_de_station_epuration_ID4786.html

http://www.arer.org/pj/articles/52_methanisation-boues-station-epuration.pdf

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